HISTORIQUE GEOPOLITIQUE DE LA REGION

Sahara espagnol :

Le Sahara espagnol est créé en 1924 à partir de l’ancienne province de Rio de Oro et de la vallée de Saguia el-Hamra. En 1946, l’Espagne réorganise la région en créant l’Afrique occidentale espagnole, regroupant Rio de Oro, Saguia el-Hamra, Ifni, Cap Juby et Tarfaya.

En 1947, d’immenses gisements de phosphate sont découverts dans la région de Boukraa, rendant soudainement ces territoires arides beaucoup plus intéressants.

Le 2 mars 1956, le Maroc accède à son indépendance dans la partie Nord. Le Maroc créé alors une armée de libération du Maroc du sud composée principalement de tribus sahraouies pour lutter contre l’occupation espagnole. Dès cette date, le Maroc revendique la souveraineté sur les territoires contrôlés par les espagnols ainsi que sur plusieurs territoires de la région frontalière avec l’Algérie, la frontière entre le Maroc et l’Algérie française n’étant pas bien définie.

Entre octobre 1957 et avril 1958, le Maroc tente de libérer Ifni, Tarfaya et le Sahara occidental de l’occupation espagnole en soutenant l’Armée de libération du Maroc du sud. Toutefois, une opération conjointe franco-espagnole met en échec et détruit cette armée de libération au Sahara occidental.

En janvier 1958, le nom de Sahara espagnol est repris en rassemblant les territoires de Rio de Oro et Saguia el-Hamra. La bande de Tarfaya (Cap Juby) est cédée au Maroc, et l’Afrique occidentale espagnole est dissoute.

Décolonisation :

 

En 1963, le Maroc fait inscrire ce territoire sur la liste des territoire non autonomes de l’ONU. La politique de l’ONU est de favoriser l’accès à l’indépendance des territoires listés afin d’éliminer les derniers vertiges d’une période coloniale révolue.

La même année, un conflit militaire (guerre des Sables) éclate entre le Maroc et l’Algérie nouvellement indépendante à propos du tracé de la frontière dans les régions de Tindouf et Hassi Beïda. Le 5 novembre 1963, les combats cessent et un cessez-le-feu définitif est signé le 20 février 1964 sous l’égide de l‘Organisation de l’Unité Africaine. La frontière n’est pas modifiée, elle reste inchangée.

Parallèlement, l’ONU tente de convaincre l’Espagne de négocier avec le Maroc et de prendre les mesures nécessaires pour libérer les territoires d’Ifni, du Cap Juby et du Sahara espagnol. La résolution 2072 est votée le 17 décembre 1965 par l’assemblée générale de l’ONU.

En 1969, l’Espagne restitue la région d’Ifni au Maroc.

Le 17 juin 1970, une manifestation pour l’autonomie du Sahara espagnol à Laâyoune est violement dispersée par les forces de l’ordre qui tirent sur la foule. Des centaines de personnes sont arrêtées dans les jours suivants.

En 1971, des étudiants Sahraouis commencent à envisager la possibilité d’une lutte armée pour obtenir l’indépendance. En 1973, le Front Polisario (Frente Popular de Liberaccion de Saguia el Hamra y Rio de Oro) est fondé à Aïn Bentili, en Mauritanie, pour contraindre l’Espagne par la force à décoloniser, et empêcher le rattachement du Sahara espagnol avec le Maroc et la Mauritanie.

Le 21 août 1974, l’Espagne annonce la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le début de 1975. Le roi Hassan II, opposé à ce référendum, propose le 17 septembre l’arbitrage de la Cour internationale de justice.

La Cour internationale de justice confirme en 1975 l’existence de liens historiques entre les populations du Sahara occidental et le Maroc, ainsi qu’avec la population de la Mauritanie. Cependant, la Cour conclut que ces liens ne sont pas de nature à empêcher un référendum d’autodétermination et n’établissent aucun lien de souveraineté entre le Sahara occidental d’une part, le Royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien d’autre part.

Quelques jours après cet avis, le Maroc organise la marche verte le 6 novembre 1975 pour marquer la volonté d’une souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. 350 000 Marocains pénètrent à l’intérieur du Sahara occidental.

Le 14 novembre 1975, l’Espagne signe les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie qui officialisent le partage du territoire entre le Maroc et la Mauritanie et spécifient les conditions du retrait espagnol du Sahara occidental. Le Maroc obtient les deux tiers nord, et la Mauritanie le tiers sud, L’Algérie et les Sahraouis ne sont pas consultés.

Le retrait des troupes espagnoles s’effectue entre 1975 et février 1976.

Le 27 février 1976, la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est proclamée par le Front Polisario. Les combats commencent entre le Front Polisario soutenu par l’Algérie, d’une part, et les forces marocaines et mauritaniennes d’autre part.

Entre fin 1975 et 1976, des dizaines de milliers de Sahraouis fuient les combats vers les camps de réfugiés, dans la région de Tindouf, en Algérie.

En juillet 1978, un coup d’état renverse le gouvernement mauritanien. Le Front Polisario déclare un cessez-le-feu unilatéral approuvé par l’ONU, et le 10 août 1979, un traité de paix est signé entre le Front Polisario et la Mauritanie dans lequel la Mauritanie renonce à sa partie du Sahara occidental au profit du Front Polisario. Le 14 août 1979, le Maroc annonce l’annexion de l’ancien territoire mauritanien.

Dans les années 1980, le Maroc érige un mur de défense de plus de 2720 km qui sépare le territoire en deux zones, 20% à l’Est du mur étant sous contrôle du Front Polisario.

En 1991, sous l’égide de l’ONU, un cessez-le-feu met fin à la guerre entre le Maroc et le Front Polisario. Le cessez-le-feu stipule la tenue d’un référendum concernant le statut final du Sahara occidental, référendum plusieurs fois annoncé, puis annulé suite à des désaccords incessants sur la composition des listes électorales. Il n’a pas encore pu être organisé à ce jour.

Les quatre principaux camps de réfugiés sont El Aayun, Aousserd, Boujdour, Smara et Dakhla.

Période coloniale :

Le Sahara occidental est un territoire situé dans le Nord-Ouest de l’Afrique dont l’Espagne en a pris le contrôle sous forme de protectorat en 1884, confirmé par la conférence de Berlin en 1884- 1885. Bordé par le Maroc au Nord, l’Algérie au Nord-Est et la Mauritanie à l’Est et au Sud, ce territoire de 226 000 km2 donne sur l’Atlantique. Les frontières entre la France et l’Espagne n’ont été clairement définies que lors du traité de Paris, en 1900.