HISTOIRE

PRÉMISSE

La présente narration historique se base sur des sources que nous avons à disposition et se concentre sur les principaux faits qui ont marqué l'histoire du peuple du Sahara Occidental. Nous voulons proposer une possible lecture d'une histoire complexe, sans aucune prétention qu'elle soit exhaustive.

 

PÉRIODE PRÉ-COLONIALE

Le territoire aujourd'hui indiqué comme Sahara Occidental représente seulement une partie du territoire que les populations locales appelaient le trâb al Bidân, territoire constitué par l'actuelle Mauritanie, le sud-ouest de l'Algérie, le nord du Mali et une partie du Royaume du Maroc.

 

Les populations berbérophones qui se partageaient ce territoire étaient nomades et donc organisées selon des exigences complètement différentes par rapport au concept européen de l'état-nation. Au cours du VIIème et VIIIème siècle ap. J.C. la pénétration arabo-islamique se fait intense, ce qui donne lieu à des innombrables conflits et induit les populations berbérophones à se déplacer vers le nord et vers l'est.

Carte Sahara Occidental pré-coloniale

E. Hertslet, Map of Africa by Treaty, Printed for Her Majesty’s Stationery Office, 3e édition, 1909.

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PÉRIODE COLONIALE

La pénétration européenne a débuté entre le XVII et le XIXème siècle. L'Espagne a pris le contrôle du territoire qui englobe le Rio de Oro (Wâdi ad-Dahab) et la Saguia el Hamra, sous forme de protectorat en 1884 - acte ratifié par la conférence de Berlin (1884/1885)-, puis sous forme de colonie (1909-1949), ensuite sous forme de colonie intégrée dans l'Afrique occidentale espagnole (1946-1958) et enfin comme province d'outre-mer (1958-1975).

La France est de plus en plus présente dans la région, ce qui provoque la naissance de mécanismes d'alliance anticoloniale.

La résistance des populations locales, constitués par plusieurs tribus (qabâ'il), est toutefois souvent ambigüe et pas homogène.

Les frontières entre les autorités coloniales n'ont été définies que lors du traité de Paris (1900).

 

Entre 1956 et 1958 la région est investie par un vaste mouvement de révolte ; le Maroc accède à son indépendance dans le nord, tandis que la Mauritanie obtient du gouvernement français une ample autonomie. L'Armée nationale de libération du Maroc (ANL), qui se bat pour l'indépendance du Maroc, tente de libérer les territoires d'Ifny, Tarfaya et du Sahara Occidental de l'occupation espagnole ; une opération franco-espagnole met toutefois en échec et détruit l'ANL.

En 1963, par décision de l'Assemblée Générale des Nations Unies, le Sahara Occidental est inscrit dans la liste des territoires non autonomes, avec le libre exercice du droit à l'autodétermination et à l'indépendance. Trois ans plus tard, l'AG invite l'Espagne, en tant que puissance administrante, à organiser un référendum (A/RES/2229).

En 1973 le Front Polisario (Frente Popular de Liberacion de Saguia el Hamra y Rio de Oro) est fondé comme organe de résistance au pouvoir colonial. Il sera reconnu par l'AG, d'abord (1975) comme acteur du conflit (A/RES/34/37) et ensuite (1980), comme représentant du Peuple sahraoui (A/RES/35/19).

Dans un contexte géopolitique difficile, face aux oppositions et aux manifestations croissantes, l'Espagne annonce la tenue d'un référendum d'autodétermination pour le début de 1975. Le Royaume du Maroc, opposé à cette procédure car il considérait avoir exercé dans le passé la souveraineté territoriale sur le Sahara Occidental, s'adresse à l'AG des Nations Unies, qui demande l'avis de la Cour internationale de Justice. Celle-ci établi qu'aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara Occidental et le Royaume du Maroc n'a jamais existé (Avis consultatif 16 octobre 1975).

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Quelques jours après, le Royaume du Maroc entre dans le territoire du Sahara Occidental par la Marche Verte (novembre 1975): 380'000 marocains pénètrent à l'intérieur du Sahara Occidental, accompagnés par les Forces armées royales du Maroc. Le 14 novembre suivant, l'Espagne, le Royaume du Maroc et la Mauritanie signent les Accords de Madrid, qui officialisent le départ de la puissance coloniale, accord qui est désavoué par l'AG (S/RES/280).

En février 1976, naît la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD).

En 1979 la Mauritanie signe un traité de paix avec le Front Polisario et se retire du territoire, le Royaume du Maroc étend ainsi son occupation aux territoires du sud du Sahara occidental. L'AG condamne cette opération et demande au Royaume du Maroc de mettre fin à l'occupation du Sahara Occidental (A/RES/34/37 et A/RES/35/19).

F. del Río Joan, Atlas icono-geográfico estadístico del África Occidental Española, 1915.

 

PÉRIODE DE L'OCCUPATION MAROCAINE

La guerre du Sahara Occidental menée par le Front Polisario contre le Royaume du Maroc et la Mauritanie qui avaient envahi le territoire oblige des dizaines de milliers de Sahraoui à fuir vers le territoire algérien, où ils sont accueillis dans des camps de réfugiés, près de Tindouf.

 

Dans les années 1980, le royaume du Maroc érige un mur (aussi connu sous le nom de Berm) de 2700 km de sable et pierre, de 3m de hauteur; tout le long du mur, des millions de mines antichar et antipersonnel sont disséminées.                   

Les combats sont suspendus en 1991, par un accord de cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc (la Mauritanie s'était entre temps retirée), lorsque ce dernier accepte la mise en œuvre d'un référendum d'autodétermination, permettant au peuple sahraoui de choisir entre l'indépendance et son intégration au Maroc. Cet accord est approuvé par le Conseil de Sécurité (S/RES/658) et la Mission des Nations unies (MINURSO) chargé, entre autre, d'organiser le référendum.

 

A ce jour (2019), aucun référendum n'a été organisé. Plus de 170'000 femmes, hommes et enfants vivent toujours dans les campements en Algérie, sur un terrain caillouteux; dépendants de l'aide humanitaire internationale, en conditions climatiques, nutritionnelles, sanitaires et psychologiques très difficiles, les sahraouis attendent depuis plus que 50 ans de pouvoir exercer leur droit à l'autodétermination.

 

Le territoire du Sahara Occidental est encore actuellement divisé par le mur militaire marocain ; du côté ouest du mur, les «territoires occupés» par le Royaume du Maroc, du côté est du mur, les «territoires libérés» par le Front Polisario; la RASD est installée dans les camps de réfugiés, en exil.

Les «territoires occupés» sont économiquement intéressants grâce à la présence de mines de phosphates et la côte atlantique est l'une des plus poissonneuses au monde.

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Carte Sahara Occidental pré-coloniale